Ah, mais moi je n’ai pas l’oreille musicale… (Sorry I don’t have your musical ear)

Je discute souvent avec des personnes qui ne sont pas spécialement passionnées de musique mais qui en consomment un peu comme tout le monde, pour se donner la pêche le matin ou se lâcher en soirée. Si je me laisse aller à dire vraiment ce que je pense, c’est un peu le choc des cultures.  Je passe certainement à leur yeux pour une sorte d’artiste frustrée déversant son venin sur tout ce qui est mainstream. Une auditrice élitiste dont il serait inutile de chercher à comprendre les goûts, façonnés par l’étude « sérieuse » de la musique et l’écoute de styles « exigeants » comme le jazz. On me dit:  » Ah, mais moi je n’ai pas l’oreille musicale ».

Bien entendu tout le monde connait Despacito et sait chanter le refrain:

Si j’osais faire écouter IAMNOBODI feat. Emmavie on changerait sans doute rapidement de sujet 🙂

J’ai parfois eu du mal à comprendre qu’un enchaînement d’accords qui me fait secouer la tête en-plissant-les-yeux-tellement-c’est-doux puisse être perçu banal par d’autres, voire comme une cacophonie. Ou alors qu’il ne soit pas évident que Thundercat ou Anderson Paak sortent largement du lot d’une playlist « groove/lounge » inégale de Deezer. Et puis je me suis rendue compte que moi même, je n’arrivais par exemple pas forcément à saisir à quel point une peinture moderne est magistrale par rapport à une autre. Ou alors de toujours me rendre compte de la différence entre une pâte à tarte faite maison ou une pâte industrielle.

La musique est partout, et avec l’avènement d’internet et du streaming, elle est même en surabondance. Si ce qui est rare est cher, ce qui existe à profusion est interchangeable. Une mise en place sur laquelle un arrangeur s’est échiné pendant des heures ne provoquera peut être aucune réaction notable chez les auditeurs.

J’ai l’impression que le plus gros obstacle pour nous autres artistes, ce n’est pas qu’on n’aime pas notre musique, ou même qu’on ne l’écoute que trop peu, c’est surtout qu’on y soit indifférent…

When I talk about music with people not especially passionate about it but enjoy listening to it to energize their mornings or to have fun on Friday nights, it’s like a mini-culture shock. I probably sound like a frustrated artist spitting on everything that looks mainstream. A kind of elitist listener with weird tastes. I am told:  » Sorry, I don’t have your musical ear. »

Of course, everybody can sing the hook of « Despacito. »

I think if I tried and played IAMNOBI feat. Emmavie we would swiftly change subject 🙂

I’ve had a hard time understanding how a chord progression which brings tears to my eyes can be perceived as ordinary – or worse, messy by others. Or how come Thundercat or Anderson Paak do not stand out in a Deezer mixed quality « lounge » playlist. Then, I just realized that I could not always grasp the magnificence of a piece of modern art. Or always tell the difference between a homemade pastry crust and a pre-made one. 

Music is everywhere, and with internet and streaming services, there is even an oversupply. You may work on a riff in your song for countless hours, without triggering any emotion when it’s finally out.

The biggest obstacle for us artists is indifference.

Osmojam

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