#wereadtoo – Books to feed your mind

On aime relayer des choses négatives sur le 93, les agressions de policiers, les manifs qui dégenèrent mais en fait, on est des citoyens normaux comme les autres et il se trouve que hors ligne ….on ouvre des livres. En ces temps troublés, entre affaire Weinstein et scandale blackface, vous remarquerez peut être la méconnaissance réelle ou feinte des gens qui ont la parole (média mainstream, fachosphère, et sans doute aussi beaucoup d’individus qui s’ennuient). Malheureusement ces personnes enfoncent des portes ouvertes, réinventent la roue, alors que des chercheurs, des artistes, des romanciers, des étudiants, enfin des gens qui essayent de réfléchir deux secondes quoi, ont déjà apporté des réponses intéressantes, même parcellaires. Et si ce qu’on cherchait désespérement se trouvait à la bibliothèque municipale?

Il faut croire que je m’ennuyais aussi pour pondre cette vidéo. Sur une bande son concoctée par Akuji, 4 livres sur lesquels vous serez peut être contents de tomber   #wereadtoo#arrêtonsdeprendrelesgenspourdesdébiles #keepcalmandread#positivevibes

2 commentaires sur « #wereadtoo – Books to feed your mind »

  1. Bonsoir, Osmojam,

    Je n’ai pas lu le livre de Bourdieu mais la domination masculine me paraît plus subtile que ça : dans la pensée classique dominante, les femmes ne sont pas seulement dotées des défauts que tu cites : la mesquinerie, la frayeur, etc. Elles sont également affublées de qualités spécifiques (la grâce, la tempérance, la patience) qui sont de vraies qualités, sauf qu’elles sont jugées légèrement inférieures. Du coup, ça n’est pas du tout à fait négatif contre du tout à fait positif – schéma qui n’aurait pas tenu ; c’est plus subtil et plus difficile à démêler.

    Ce que tu dis d’Underground Railways donne envie de le lire. Merci beaucoup.

    (sinon, je ne sais pas si c’était un problème de bande passante chez moi, mais la video s’arrêtait tout le temps….)

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    1. Je pense qu’il faut que tu lise le livre, car son propos n’est justement pas de souligner ce que la situation des femmes a « tout de même de positif, après tout » ( en mode: arrêtez de faire les victimes, votre situation n’est pas si horrible, hein!). C’est même tout le contraire, et la « subtilité » ne se situe pas à ce niveau dans cet essai selon moi. Evidemment que tout n’est pas blanc ou noir, mais ton argument est dangereux ici, car il est facilement brandi par ceux qui cherchent à amenuiser la pertinence du sujet ( se sentant menacés), à invisibiliser toutes les micro-agressions dont sont sans cesse victimes les femmes. En introduction ou dans le préambule je ne sais plus, Pierre Bourdieu s’étonne justement que cet ordre des choses, ce « schéma qui tient » que tu cite, dans lequel les femmes sont infériorisées, demeure, sans davantage de rébellion (sans doute parce qu’on veut endormir les femmes en vantant leurs qualités bien féminines!!) . Effectivement dans la vidéo je n’ai cité que des défauts dits féminin ( pour que le message passe en 1 minute). Mais mêmes les qualités que Pierre Bourdieu cite chez les femmes, sont problématiques, parcequ’elles les développent au bénéfice/pour le plaisir ou la satisfaction des hommes (celles que tu as citées, mais aussi empathie, sensibilité, beauté) ou alors pour mieux s’en protéger ( ruse, intuition « féminine »). J’ai bien dit « développer » car tout ceci est une construction, ces qualités ne sont en fait pas intrinsèquement feminines (ce que tu semble entendre quand tu dis « affublées de qualités spécifiques ») .Le problème de fond, c’est bien cette dichotomie factice entre les qualités dites féminines et celles dites masculines. Par exemple une femme qui parle fort, qui ne se laisse pas interrompre, est jugée aussi bien par les hommes que par les autres femmes comme quelqu’un qui prend trop de place, qui est sensée être plus tempérée ( je connais bien ça, au début ca me soulait qu’on me le dise mais maintenant je n’y prête plus attention parceque c’est n’importe quoi en fait). Alors que la même chose est encensée pour un homme (comme si le masculin avait la propriété d' »anoblir »), Je vais te dire ou est la « subtilité » principale du livre: la domination masculine s’autoalimente, s’auto-reproduit parceque les modes de pensée, de communication des dominants étant les seuls à disposition des dominés eux mêmes, il ne suffit pas que les dominés se rendent compte de leur oppression pour en sortir: les dominés contribuent parfois eux même à leur domination! D’autre part, cela n’est pas suffisant de mesurer les « progrès » des femmes depuis le début de l’histoire de l’humanité, il faut toujours regarder leur situation relative par rapport aux hommes à un instant t, et s’intéresser à la façon l’Etat, l’Ecole, la religion, la famille contribuent à toujours freiner les femmes, de façon consciente ou inconsciente.

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